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Désir, demande, besoin [contexte]


Sigmund Freud, Traumdeutung (1895)
Traduction 1 : L'interprétation du rêve, Puf, 2003, p. 677.
Traduction 2 : L'interprétation des rêves, Puf, 1926, 1967, p. 527

« En nous présentant un souhait comme accompli, le rêve nous mène, il est vrai vers l'avenir ; mais cet avenir, considéré par le rêveur comme présent, se trouve modelé par l'indestructible souhait en l'image même de ce passé. »

« Le rêve nous mène dans l'avenir puisqu'il nous montre nos désirs réalisés ; mais cet avenir, présent pour le rêveur, est modelé, par le désir indestructible, à l'image du passé. »

Claude Rabant, Métamorphoses de la mélancolie, Hermann, 2010, p. 45-46.

« Jusqu'à l'introduction de la pulsion de mort, le concept de pulsion adopté par Freud ne suffit pas à déployer totalement l'enveloppe de cette énergie du désir. Elle ne peut être déployée qu'en portant ce concept à sa limite, c'est-à-dire en faisant de lui le principe qui permet d'établir la pure extension à l'intérieur de laquelle les événements du désir vont pouvoir se produire. La pulsion de mort devient substrat neutre ou pure spatialité pour le déploiement de toutes les pulsions. Dans une certaine mesure, il s'agit de reprendre ou de prolonger la proposition de Kierkegaard: “Mais alors, — quelle est la force par laquelle Don Juan séduit ? C'est celle du désir ; l'énergie du désir sensuel.” La pulsion de mort est en général cette “force qui va”, mais elle ne peut l'être par une simple orientation linéaire en avant. Elle doit l'être par cette boucle temporelle déjà tracée aux dernières lignes de la Traumdeutung : le désir indestructible construit le présent, à l'image du passé, par un gigantesque retour en arrière, dont le terme se trouve, par un effet hyperbolique, situé en même temps dans l'avenir. C'est ainsi que la pulsion de mort, dont la limite (à l'infini) est le pur et simple retour à l'état inorganique, trace en avant de nous l'horizon d'un ouvert infini où nous respirons et où nous marchons. À l'intérieur de cette enveloppe hyperbolique, les pulsions en tant que telles peuvent jouer leur jeu singulier “au-delà du principe de plaisir”, c'est-à-dire au-delà (du principe) de la réalité qui en est l'aménagement. Elles peuvent construire leur propre temporalité à partir de leur mémoire, en se déployant sur un espace dont la potentialité illimitée demeure largement inconnue.
De ce fait, la pulsion de mort est un principe de liberté, non pas de liberté vide (libre-arbitre) mais de libération des contraintes et d'ouverture du possible. Elle est la véritable extension, poussée à la limite, du principe de l'Erweiterung. ”Psyché est étendue, n'en sait rien”. La pulsion de mort est l'extension (Ausdehung) inconsciente du désir indestructible. »

Jean Oury, « L’objet chez Lacan »
Disponible sur le site de Michel Balat [Ouvrez !]

« Dans la société, il y a une surcharge écrasante d'objets de consommation, c'est-à-dire “d'objets” de demande, qui étouffe complètement la problématique du désir et de son objet. Heidegger, dans ses derniers séminaires, faisait une critique du Dasein. Et, en même temps, il essayait de cerner la notion d'Ersatz. Il semble que dans la société de consommation (mais aussi dans une psychothérapie insuffisamment rigoureuse) ce qui tient lieu d'objet a est quelque chose de l'ordre de l'Ersatz. Bien sûr, ce qui est dominant dans la relation consommatoire, étatique, banale, c'est une prévalence au niveau de la demande ; non seulement il s'agit de satisfaire la demande, comme on dit dans le commerce, mais surtout de la susciter. Il y a une énorme confusion entre besoin, demande et désir, souvent d'ailleurs en interprétant Marx de travers ; d'où la réaction, à la fin du XIXe siècle, de tous ces courants qui prétendaient suppléer à la théorie de Marx, en particulier ceux qu'on a appelé “marginalistes” (notions d'écart, de désirabilité, de désirance, d'ophélimité) (Jean-Joseph Goux : “Calcul des jouissances”. Critique. Octobre 1976). Certains contemporains semblent même avoir régressé de cent ans en reprenant ce vieux thème selon lequel ce qui ferait la loi de la production, ce serait le désir. Mais il ne s'agit même pas du désir ; ce serait plutôt quelque chose d'apparenté au “besoin”, non pas au sens de besoins qui seraient “déterminés par la nature”, mais au sens des “besoins soi-disant nécessaires” ; c'est-à-dire de ceux qui “dépendent du degré de civilisation d'un pays”, mais aussi “des habitudes et des exigences particulières de chaque classe de travailleurs”. Donc, “un besoin” qui est en réalité une demande, laquelle est présentée comme désir. »

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