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Langage, langue, parole [contexte]

Martin Heidegger, « La parole » (1950), in Acheminement vers la parole, Gallimard, Tel, p. 13.

« L'être humain parle. Nous parlons éveillés ; nous parlons en rêve. Nous parlons sans cesse, même quand nous ne proférons aucune parole, et que nous ne faisons qu'écouter ou lire ; nous parlons même si, n'écoutant plus vraiment, ni ne lisant, nous nous adonnons à un travail, ou bien nous abandonnons à ne rien faire. Constamment nous parlons, d'une manière ou d'une autre. Nous parlons parce que parler nous est naturel. Cela ne provient pas d'une volonté de parler qui serait antérieure à la parole. On dit que l'homme possède la parole par nature. L'enseignement traditionnel veut que l'homme soit, à la différence de la plante et de la bête, le vivant capable de parole. Cette affirmation ne signifie pas seulement qu'à côté d'autres facultés, l'homme possède aussi celle de parler. Elle veut dire que c'est bien la parole qui rend l'homme capable d'être le vivant qu'il est en tant qu'homme. L'homme est homme en tant qu'il est celui qui parle. »

Martin Heidegger, « …L'homme habite en poète… », in Essais et conférences, Gallimard, Tel, p. 227-228. (Conférence du 6 octobre 1951).

« L'homme se comporte comme s'il était le créateur et le maître du langage, alors que c'est celui-ci au contraire qui est et demeure son souverain. Quand ce rapport de souveraineté se renverse, d'étranges machinations viennent à l'esprit de l'homme. Le langage devient un moyen d'expression. En tant qu'expression, le langage peut tomber au niveau d'un simple moyen de pression. Il est bon que même dans une pareille utilisation du langage, on soigne encore son parler ; mais ce soin, à lui seul, ne nous aidera jamais à remédier au renversement du vrai rapport de souveraineté entre le langage et l'homme. Car, au sens propre des termes, c'est le langage qui parle. L'homme parle seulement pour autant qu'il répond au langage en écoutant ce qu'il dit. »

Henri Maldiney, Aîtres de la langue et demeures de la pensée, éditions L’Âge d’homme, 1975, p. VII-IX. Réédité aux Éditions du cerf (2012).

« Les aîtres de la langue sont, en deçà de son état construit, les demeures de la pensée non encore thématisées en signes mais dont la lucidité puissancielle, instante à tous les signes, fonde, avant tout savoir, la possibilité même du signifier. […] Seuls les poètes habitent encore les aîtres de la langue, qui sont le fond sur lequel ils bâtissent la langue à chaque fois singulière d’un poème. […] La question des rapports entre langue et pensée ne peut être posée authentiquement qu’à ce niveau radical, où elles s’articulent intérieurement l’une à l’autre à l’état naissant. »

Jean Beaufret, Dialogue avec Heidegger, I – Philosophie grecque, Minuit, 1973, Avant-propos, p. 12.
Lettre à Martin Heidegger pour son quatre-vingtième anniversaire — le 26 septembre 1969.

« Je me souviens aussi qu'un jour, devant une traduction allemande de Baudelaire dont vous me demandiez ce que j'en pensais, je vous répondis : “Tout est très exact et sans doute très bon, il n'y manque qu'une chose : le rapport à la langue française”. Car c'est de vous que nous l'avons appris : une langue n'est pas un système de signes, elle est rapport au monde. Non par l'interposition entre les choses et nous d'un monde de la langue, comme le voudrait Humboldt, mais par l'ouverture du monde lui-même, tel qu'à son tour il ouvre chaque chose, disait Baudelaire, “à l'éclatante vérité de son harmonie native”. C'est ainsi que le même monde et les mêmes choses, à l'appel d'une langue ou d'une autre, paraissent nativement mêmes et autres à la fois, ce rapport du même et de l'autre excluant aussi bien la réduction à l'identique que la nomenclature des différences, en faveur d'un plus haut secret de la mondialité du monde et de la choséité de la chose. »

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