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Rapport de forces/Relations de formes : Foucault

Un recueil de textes de Gilles Deleuze nous porte à nous intéresser aux notions de forces et de formes, en liaison avec le Pouvoir et le Savoir, tels qu’entendus par Michel Foucault.
Envisager le mouvement comme rapport de forces ou relation de formes changera certainement notre façon de questionner le temps au cinéma : dans la discontinuité temporelle à l’œuvre dans le montage, dans la continuité temporelle à l’œuvre dans un plan cinématographique.

Gilles Deleuze, Foucault, 1986-2004, Minuit.
Les passages ci-dessous sont extraits de “Les strates ou formations historiques : le visible et l’énonçable [Savoir]” et “Les stratégies et le non-stratifié : la pensée du dehors [Pouvoir]”]. Les trois intertitres et les passages en bleu ne sont pas d'origine.

Pouvoir
« Qu’est-ce que le Pouvoir ? La définition de Foucault semble très simple, le pouvoir est un rapport de forces, ou plutôt tout rapport de forces est un “rapport de pouvoir”. Comprenons d’abord que le pouvoir n’est pas une forme, par exemple la forme-État ; et que le rapport de pouvoir n’est pas entre deux formes, comme le savoir. En second lieu, la force n’est jamais au singulier, il lui appartient essentiellement d’être en rapport avec d’autres forces, si bien que toute force est déjà un rapport, c’est-à-dire pouvoir : la force n’a pas d’autre objet ni sujet que la force. » [p.77]

Les forces, dit Foucault, ne sont en rapport qu’avec d’autres forces. [Cela pourrait nous permettre de mettre en évidence un certain type de couple : actif/réactif, action/passion, actant/patient, résistance/passivité.]

Cela porte Foucault à différencier ce qui dans une force peut être défini comme matière et ce qui peut l’être comme fonction.

« On ne demande pas “qu’est-ce que le pouvoir ? et d’où vient-il ?” mais : comment s’exerce-t-il ? Un exercice de pouvoir apparaît comme un affect, puisque la force se définit elle-même par son pouvoir d’affecter d’autres forces (avec lesquelles elle est en rapport), et d’être affectée par d’autres forces.» [p.78]

« Le pouvoir d’être affecté est comme une matière de la force et le pouvoir d’affecter est comme une fonction de la force. Seulement, il s’agit d’une pure fonction, c’est-à-dire non formalisée, saisie indépendamment des formes concrètes où elle s’incarne, des buts qu’elle sert et des moyens qu’elle emploie : physique de l’action, c’est une physique de l’action abstraite. Et il s’agit d’une pure matière, non-formée, prise indépendamment des substances formées, des êtres ou des objets qualifiés dans lesquels elle entrera : c’est une physique de la matière première ou nue » [ p.79]

Savoir
« […] le savoir, tel que Foucault en forme un nouveau concept, se définit par ces combinaisons de visible et d’énonçable propre à chaque strate, à chaque formation historique. Le savoir est un agencement pratique, un “dispositif” d’énoncés et de visibilités. […] Les visibilités ne se confondent pas avec des éléments visuels ou plus généralement sensibles, qualités, choses, objets, composés d’objets. […]. Ouvrir les mots, les phrases, les propositions, ouvrir les qualités, les choses et les objets : la tâche de l’archéologie est double […]. Il faut extraire des mots et de la langue les énoncés correspondant à chaque strate et à ses seuils, mais aussi extraire des choses et de la vue les visibilités, les “évidences” propres à chaque strate. » [p.58-60]

Entre Pouvoir et Savoir
« Entre les rapports de forces qui constituent le Pouvoir et les relations de formes qui constituent le Savoir, ne faut-il pas dire ce que nous disions pour les deux formes, les deux éléments formels du savoir ? entre le pouvoir et le savoir, il y a une différence de nature, hétérogénéité ; mais il y a aussi présupposition réciproque, et capture mutuelles ; et il y a enfin primat de l’un sur l’autre. D’abord différence de nature, puisque le pouvoir ne passe pas par des formes, mais seulement par des forces. Le savoir concerne des matières formées (substances) et des fonctions formalisées, réparties segment par segment sous les deux grandes conditions formelles, voir et parler, lumière et langage. » [p.80]

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