LE COIN D'ANNICK BOULEAU : FILMOGRAPHIE

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La pesca dell'Elisa

miniDV couleurs, 5'16, 2008.
réalisation (image, son, montage) : Annick Bouleau
Production : Ansedonia (c)


Pour faire un lien vers ce film :
http://ouvrirlecinema.org/pages/mon-coin/ab/filmo/pesca.html



Clic
sur l'image pour accéder au film

La pêche dell'Elisa était mûre à point pour être dévorée. D'autres concours de circonstances (cf. le générique de fin) m'ont fait décider à filmer cette dévoration. Au final, ce film, fait sans y penser, m'entraîne, dans un premier temps, sur la question sonore. Un travail qui va donner une autre tournure à mon projet "Appunti per una Valtiberiana"… à suivre.
ATTENTION : n'augmentez pas le volume sonore, le son du début est un son d'arrière-fond, il n'est pas là au premier plan… (20.9.08)

5 mars 2011
La pesca dell'elisa
a fait partie de la programmation de Jean-Michel Frodon pour Cinéma 61 en ce 5 mars 2011.
Un petit café, presque sur les bords du canal de l'Ourq (et très proche d'une école de cinéma) accueille donc régulièrement Cinéma 61. Ceux qui répondent à l'invitation sont majoritairement de la génération 25-35, certainement encore étudiants, certainement étudiants de cinéma (université ou école technique).
La discussion, très libre, engendrée par la programmation de ce 5 mars, s'est orientée vers la question du sous-titrage. Principalement à partir d'un film d'un réalisateur palestinien, étudiant dans une école de cinéma au Caire.
Je relève ici deux remarques qui peuvent faire lien avec les élaborations engagées par Ouvrir le cinéma.

• “La place du spectateur”
Un jeune homme souhaite manifester son regret devant l'absence de sous-titres dans mon film, et c'est à partir de cette formule qu'il introduit son intervention.
Pour lui, j'évince ceux qui ne comprennent pas la langue italienne. Dans notre dialogue il était évident que nous n'étions pas sur le même registre. Je n'ai pas réussi à le convaincre que le sous-titrage aurait 'ruiné' le film. Que le dispositif, effectivement, bouleverse les codes. Que ce qui fait sens, ici, ce n'est pas la parole humaine, privilégiée dans nos codes habituels, mais ces bruits anodins, triviaux, de ma bague qui tape sur l'assiette, de mes bruits de bouche…
Accueillir, d'abord, ce qui va apparaître sur l'écran. Me laisser étonner avant tout jugement de valeur (c'est là que la fonction de 'critique' va pouvoir entrer en jeu). Une position que nous n'avons pas réussi à partager.

À l'issue de la séance Jean-Michel Frodon me fait remarquer que dans le discours du jeune homme la formule 'place du spectateur' n'a pas la signification que je lui prête. Je lui réponds que, sans l'avoir voulu, la question du spectateur — comme elle peut être approchée dans la traditionnelle critique cinématographique — est au cœur du dispositif mis en place par le film. Il est bien d'accord.

• La confusion des genres "fiction" "documentaire"
Une jeune fille prend la défense du choix du réalisateur palestinien de ne pas tout traduire pour ne pas surcharger par l'anecdotique l'approche du film. Ce choix, dit-elle, a posé beaucoup de problèmes pour la sélection dans des festivals. J'ai oublié comment elle a relié cette question au fait que, les genres fiction et documentaire sont de plus en plus mêlés, alors que les festivals font encore la différence. Elle insistera : le réalisateur ne souhaite pas que l'on voit son film comme une description exacte de la manière dont on construit un tunnel dans la bande de Gaza pour rejoindre l'Egypte. Les garçons filmés deviennent aussi des personnages de fiction. Elle nous incite à les considérer comme tels. Dans la discussion on reste au niveau du genre. La non distinction a engendré le documentaire de fiction et, plus récemment, le web documentaire. Pas de place vers, pour, l'inconnu (Qu'en est-il d'une démarche' artistique' sans cette obstination ?)
Brutalement, comme un couperet, je réalise que la façon dont je questionne le cinéma à partir de la 'naissance de l'œuvre' n'a peut-être pas de sens pour la jeune fille en question. D'une génération à une autre : la perte, l'oubli sont à l'œuvre. Comment cela fait-il (fera) retour — c'est-à-dire : comment cela est-il (sera) repris, souvent d'une façon non reconnaissable, car déplacé, déformé, tel un symptôme (comme l'entend Freud) ?

Cela me rappelle une remarque à propos d'Ingres, lue pendant que je préparais Intimités :

« Avec la régression des "humanités", avec la révolte impressionniste, le vieux fonds intellectuel sur lequel vivait l'Occident depuis tant de siècles est devenue une culture à demi-morte. Les légendes mythologiques, les faits de l'histoire grecque ou romaine, les Vies des hommes illustres de Plutarque, les poèmes épiques et romanesques denl'Arioste et du Tasse, l'Ancien Testament lui-même, sont moins bien connus. Ingres n'était pas un homme d'une grande culture ; mais ces "sujets" que nous ne comprenons plus sans de longues explications lui étaient familiers comme ils l'étaient à ses contemporains, à ses camarades d'atelier." (Daniel Ternois,"introduction" à Tout l'œuvre peint de Ingres, Flammarion, 1984, p. 5)
( 8 mars 2011)

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